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La vente à terme immobilière : mécanisme, fiscalité, garanties

Cousine du viager, alternative au crédit bancaire, la vente à terme reste pourtant méconnue. Voici ce qu'il faut savoir avant d'envisager une vente, un achat ou une transmission via ce mécanisme.

Définition : qu'est-ce que la vente à terme ?

La vente à terme est une vente immobilière classique dont le prix est payé en deux temps : un capital initial à la signature (appelé bouquet, par analogie avec le viager) puis des mensualités versées sur une durée déterminée, typiquement comprise entre dix et vingt ans.

Contrairement au viager, les versements ne sont pas viagers : leur nombre et leur montant total sont fixés à la signature de l'acte notarié. Si le vendeur décède avant le terme, les mensualités restantes sont versées à ses héritiers ; si l'acheteur défaille, une clause résolutoire prévue à l'acte protège le vendeur.

Vente à terme libre ou occupée ?

Comme pour le viager, deux configurations sont possibles :

Comment se décompose le prix : bouquet et mensualités

Le prix global est négocié librement entre les parties et formalisé dans l'acte notarié. Il se compose de deux blocs :

Aucun taux d'intérêt n'est appliqué : la vente à terme n'est pas un prêt. C'est un paiement échelonné du prix de vente, encadré par l'acte notarié. C'est une différence structurelle avec le crédit immobilier classique.

Les garanties pour le vendeur

Le notaire intègre systématiquement plusieurs garanties à l'acte de vente à terme :

La fiscalité de la vente à terme

La fiscalité de la vente à terme se distingue nettement de celle du viager. Comme aucune rente viagère n'est versée, l'abattement spécifique de 70 % réservé aux rentes viagères constituées à titre onéreux (article 158-6 du Code général des impôts) ne s'applique pas.

Les mensualités sont traitées comme un paiement échelonné du prix de vente. La fiscalité applicable au vendeur dépend donc des règles classiques de l'imposition des plus-values immobilières :

Côté acheteur, le bien acquis entre dans le patrimoine dès la signature de l'acte (ou à l'échéance du droit d'usage si vente à terme occupée). L'IFI éventuel s'applique à la valeur du bien diminuée de la dette résiduelle (capital restant à payer).

Informations à titre indicatif. Chaque situation patrimoniale étant particulière, validez les conséquences fiscales de votre projet avec votre notaire ou votre conseiller fiscal.

Vente à terme vs viager : quelles différences ?

Critère Vente à terme Viager
Durée des versements Fixe (10 à 20 ans) À vie du vendeur (aléa)
En cas de décès du vendeur Mensualités versées aux héritiers Rente s'éteint
Fiscalité des versements Paiement échelonné du prix Rente viagère, abattement 70 % après 69 ans
Visibilité pour l'acheteur Totale (durée et coût connus) Aléa lié à la durée de vie
Transmission au décès anticipé Sécurisée (héritiers perçoivent) Aucune

Quand choisir la vente à terme ?

La vente à terme est particulièrement adaptée dans trois situations :

Références : Code civil — articles 1583, 1655 et suivants sur la vente ; Code général des impôts — articles 150 U et suivants (plus-values immobilières), article 158-6 (rentes viagères) ; Code de la consommation pour la protection des parties. Informations données à titre indicatif, à vérifier auprès de votre notaire.